Yves Doinel, président d’HESTIA78, José Lucas, président de l’AIES, Mathieu Serval, directeur général de l’AIES, et Gilles NION, directeur général d’HESTIA78 ont été reçus le 26 mai dernier par Gérard Larcher, président du Sénat, afin d’échanger sur les défis majeurs auxquels est confronté le secteur social et médico-social.
Au cours de cet entretien, les représentants des deux associations ont partagé un constat largement partagé sur le terrain : la question de l’attractivité des métiers constitue aujourd’hui l’enjeu prioritaire du secteur.
Les échanges ont notamment porté sur les difficultés croissantes de recrutement, la désaffection des jeunes pour les métiers de l’accompagnement, la perte continue de pouvoir d’achat des professionnels depuis plusieurs décennies et les limites des grilles salariales actuelles.
À titre d’exemple, il a été rappelé qu’un éducateur spécialisé, titulaire d’un diplôme de niveau Bac +3, débute aujourd’hui sa carrière avec une rémunération à peine supérieure au SMIC.
Les participants ont également évoqué le projet de Convention Collective Unique Étendue (CCUE), porté par AXESS, dont les négociations connaissent actuellement une nouvelle phase d’arrêt en raison des incertitudes entourant son financement par les pouvoirs publics.
Pour illustrer concrètement les attentes des professionnels, le directeur général d’HESTIA78 a rapporté à Gérard Larcher les propos d’une salariée de l’association. Cette professionnelle expliquait être heureuse de travailler dans une organisation qui lui offre de bonnes conditions de travail, où elle est associée à la réflexion collective et où son avis est pris en considération. Mais elle ajoutait avec beaucoup de lucidité : « Tout cela ne remplit pas le frigo. »
Cette phrase, simple mais particulièrement éloquente, résume à elle seule le sentiment exprimé aujourd’hui par de nombreux professionnels du secteur. Si la qualité de vie au travail, le management participatif et la recherche de sens demeurent essentiels, ils ne peuvent compenser durablement un niveau de rémunération devenu insuffisant au regard des qualifications exigées, des responsabilités exercées et de l’engagement quotidien auprès des personnes les plus vulnérables.
Cette illustration concrète a suscité une écoute attentive de la part du président du Sénat, qui a démontré une bonne compréhension des difficultés rencontrées par les associations gestionnaires et leurs professionnels.
Les représentants d’HESTIA78 et de l’AIES ont également souligné qu’une amélioration significative de l’attractivité des métiers permettrait de créer rapidement de nombreux emplois dans le secteur social et médico-social, répondant ainsi à des besoins d’accompagnement croissants sur l’ensemble du territoire.
Cette rencontre a permis de porter la voix des professionnels, des associations et des personnes accompagnées auprès du deuxième personnage de l’État, dans l’espoir que ces enjeux essentiels puissent trouver prochainement des réponses à la hauteur des besoins.

